SÉBASTIEN
L’HISTOIRE N’ÉTAIT PAS TERMINÉE.
À huit ans, il fabriquait son premier vélo avec des pièces récupérées. À 52 ans, il rêve à nouveau de prendre le départ d’une compétition.
Avant les podiums, il y avait simplement un gamin et un vélo.
Sébastien monte pour la première fois sur un vélo vers l’âge de huit ans.
À ce moment-là, pas question de compétition. Il roule simplement pour le plaisir.
À côté de chez lui vit Tony. Tony fréquente l’école de cyclisme et raconte régulièrement à Sébastien ses courses, ses entraînements et ses week-ends passés sur le vélo.
À force d’écouter Tony raconter ses courses, quelque chose se transmet : la passion du vélo.
Vers douze ans, Sébastien rejoint à son tour un club. Mais son histoire avec le vélo avait déjà commencé quelques années auparavant.
FAIT
MAISON.
Un jour, lors d’un ramassage de déchets, Sébastien suit un tracteur chargé d’encombrants.
Parmi tout ce qui doit être jeté, il récupère différentes pièces de vélo : un cadre, des roues et tout ce qui peut encore servir.
Les pièces finissent dans le garage.
Et avec les moyens du bord, le jeune Sébastien fabrique son propre vélo.
Un frein à l’avant. Du ruban isolant en guise de guidoline. Un cadre repeint avec la couleur disponible.
Ce n’était peut-être pas le vélo parfait. Mais c’était le sien.
Une course de village. Et un petit détail : ses parents ne sont pas au courant.
Une course de kermesse est organisée dans le village. Sébastien décide de s’inscrire.
Sans prévenir ses parents.
C’est Tony qui l’accompagne au départ.
Premier départ. Premier podium.
Cette fois, ses parents comprennent que le vélo est devenu bien plus qu’un simple passe-temps.
Ils découvrent aussi que leur fils possède certaines qualités pour la compétition.
Avec les moyens financiers dont ils disposent, ils décident alors de l’aider et de l’accompagner dans cette passion.
Du vélo bricolé au titre de champion de Bretagne.
Les années passent. Les entraînements, les courses et les kilomètres font désormais partie de la vie de Sébastien.
Vers 25 ans, il décroche l’un des résultats les plus marquants de son parcours : un titre de champion de Bretagne.
Le gamin qui fabriquait autrefois son propre vélo est devenu un vrai coureur.
Mais Sébastien comprend également très jeune qu’il devra travailler pour gagner sa vie.
Le vélo est une passion immense, mais il ne pourra jamais se consacrer entièrement à la compétition.
Parce que certaines passions ne disparaissent jamais vraiment.
La compétition va progressivement laisser la place à la vie professionnelle et personnelle. Mais le vélo, lui, ne quittera jamais vraiment Sébastien.
Fin de la compétition
Sébastien met pied à terre par rapport aux courses. Il continue pourtant de rouler avec cette idée quelque part au fond de lui : peut-être qu’un jour, il reviendra.
Tour des Flandres
Il se reteste en mode cyclo lors du Tour des Flandres. Une manière de retrouver l’ambiance, les efforts et les sensations du vélo.
La vie impose d’autres priorités
La maladie de son épouse, aujourd’hui décédée, ne lui permet pas de reprendre les entraînements comme il aurait pu l’imaginer.
« Et si on faisait Liège-Bastogne-Liège ? »
Parfois, une nouvelle histoire commence simplement par une proposition entre amis.
En janvier 2026, Mallory lance l’idée de participer au Liège-Bastogne-Liège Challenge sur le parcours de 80 kilomètres.
Mallory n’a jamais connu la compétition. Il n’est pas réellement préparé et traîne encore quelques kilos en trop.
Mais il y croit.
Pour Sébastien, l’envie de Mallory agit comme une véritable rampe de lancement.
Face à la difficulté de l’épreuve et à l’enthousiasme de son ami, une seule pensée s’impose :
lui aussi veut faire partie de cette aventure.
La flamme était toujours là.
La passion du vélo n’avait jamais réellement disparu.
Mais la flamme de la compétition, celle qui pousse à s’entraîner, à se préparer et à prendre un départ avec un objectif, était restée en sommeil pendant des années.
Liège-Bastogne-Liège l’a rallumée.
Pas exactement comme autrefois.
Avec davantage d’expérience. Une autre vie derrière lui. Et surtout de nouvelles raisons de rouler.
À 52 ans,
reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée.
Aujourd’hui, Sébastien pense déjà à l’année prochaine.
Et son envie est claire : reprendre la compétition.
Pas pour prétendre avoir de nouveau vingt ans. Pas pour effacer les années qui ont passé.
Mais parce qu’au fond de lui subsiste le sentiment qu’une partie de son histoire cycliste est restée inachevée.
Il veut retrouver les émotions, l’adrénaline, les sensations et cette nostalgie heureuse que le vélo lui procurait dans sa jeunesse.
Et peut-être offrir un jour à son enfant une raison supplémentaire d’être fier : voir son père reprendre, y croire et être encore capable, à son échelle, de gagner.
Ce rêve de gosse n’a pas complètement disparu.
Il a simplement attendu son moment pour redevenir possible.
L’HISTOIRE N’ÉTAIT PAS TERMINÉE.
ELLE ATTENDAIT SIMPLEMENT QU’IL REMONTE SUR UN VÉLO.
Du premier vélo fabriqué dans un garage au rêve de reprendre la compétition à 52 ans, une chose n’a jamais complètement disparu : l’envie d’avancer.
